FÁTIMA- MANIFESTATION DE LA  MISÉRICORDE

1º Les manifestations de Dieu.   Les trois  apparitions de l’Ange qui s’est présenté comme étant l’Ange du Portugal, en  1916  et les six apparitions de la Vierge, en  1917, sont une manifestation éloquente de la miséricorde de Dieu, qui est venu à notre rencontre, qui nous répéta des messages de l’Evangile, qui demanda prière et conversion, qui nous a mis en solidarité avec le monde entier, surtout avec les pécheurs ; qui nous a appris à aimer, à  réparer, à nous offrir nous-mêmes pour les autres dans un désir passionné du salut de tous. Nous sentons, dans les prières enseignées par l’Ange et par la Mère du Ciel, un mouvement de miséricorde continuelle. Fatima est un cri amoureux de Dieu qui se révèle  par des désirs continus de rédemption, de salut, de conversion, de paix pour le monde, pour les familles, pour l’Eglise. Dieu est venu conquérir  nos cœurs  pour que nous croyions en Sa miséricorde et  infinie bonté.  Et si Elle demande prière et pénitence, ce que les petits bergers font généreusement, c’est parce que son amour miséricordieux veut nous sauver et souhaite/désire que l’humanité et l’Eglise se renouvèlent et se  convertissent. 

2º Sacrilèges, blasphèmes  et indifférences.  Ces trois mots ont été employés par l’Ange, en faisant appel à l’attention des enfants, à la nôtre et à celle de toute l’Eglise, en référence totale au mystère de l’amour et à l’offrande de Jésus à la Sainte Trinité, dans un sens merveilleux de réparation. Et réparer c’est aimer, aimer Dieu et les autres, aimer les membres du Corps mystique, aimer la chair du Christ qui continue en souffrance à cause du mal et du péché. Les mots que l’Ange et  la Vierge disent à propos du péché sont des mots de miséricorde de ce Dieu par qui ils ont été envoyés avec ces messages.  Le désir de réparer est intimement uni à la grâce de collaborer dans la rédemption,  pour que les pécheurs se convertissent, pour qu’il n’y ait plus de personnes qui se condamnent. Là est le dessein salvifique   de Dieu le Père et le désir le plus profond du Cœur du Christ, visage de Sa miséricorde. Toute prière et tout sacrifice offerts ont ce but éminent de salut, qui jaillit du plus profond du Cœur de « Dieu riche en miséricorde ».

3º Le Cœur de la Mère.  Fatima, pour que la miséricorde puisse avoir une dimension maternelle et pas seulement paternelle, puisque Dieu est père et mère,   est devenue le lieu de la grande manifestation du Cœur Immaculé de Marie, Cœur de la Mère de Miséricorde, de la Mère Désolée qui, auprès de la Croix, a offert la Victime et s’est offerte avec Elle. Et la Vierge Marie dit aux petits bergers : « N’ayez pas peur, car Mon Cœur  Immaculé sera votre refuge ». Ces mots ont toute une résonnance biblique quand  nous découvrons les entrailles de miséricorde du Père révélées en Jésus. Plus tard, la Vierge révèle à sœur Lucie cette grâce et ce don: “Il y aura beaucoup de mal dans le monde, il y aura des guerres et des morts, mais à la fin, mon Cœur Immaculé triomphera ». Le triomphe du Cœur de la Mère Immaculé, c’est la victoire de la miséricorde sur le mal, de la grâce sur le péché ; la victoire de la Femme qui écrase la tête du serpent. Fatima devient la lumière qui nous mène à la victoire.

4º Des millions de pèlerins. Au cours des cent dernières années, des millions de pèlerins  viennent à Fatima se rencontrer avec la Mère et avec son Fils Rédempteur. Combien de conversions ? Combien de changements de vie? Combien de prières? et combien de pénitences pour que le monde soit sauvé avec le Christ Rédempteur ? Combien de milliers de célébrations du Sacrement de la Miséricorde, la fête du pardon, avec la venue à Fatima, avec la dévotion des Cinq Premiers samedis ? Mystère de la divine miséricorde. Combien de cœurs touchés par la grâce, par l’amour miséricordieux de Dieu par l’intermédiaire de Marie !

 Père Dário Pedroso, SJ

PÈRE DE MISÉRICORDE - JÉSUS “VISAGE” DU PÈRE

1º Qu'est-ce que la miséricorde ? Il s’agit du “cœur” (cor, cordis) penché sur la misère, le pécheur, la brebis égarée, l’humanité.    La miséricorde, affirme St Jean-Paul II, implique toujours “tendresse et caresse ". Un acte d’amour fou et passionné de Dieu qui a de la compassion envers l’humanité et qui vient à sa rencontre pour pardonner, pour être tendre et compatissant. Mais la miséricorde implique aussi la guérison, c'est-à-dire, Dieu en pardonnant guérit aussi le cœur, l’âme, l’intérieur de la personne. Tout ce mouvement apparaît, dans la Bible, présenté comme « des entrailles d’une mère » qui compatit avec bonté et accueille avec tendresse. Mais nous ne pouvons pas oublier que le plus éloquent de la miséricorde est la joie de Dieu en pardonnant. Quand nous allons à Sa rencontre, comme des enfants pécheurs, le Père se réjouit en Son Cœur et fait la fête.  

2º Jésus “visage du Père”.  L’Incarnation fut le début de cette trajectoire divine de Dieu qui vient à la rencontre de l’humanité pécheresse. Décision trinitaire que le Verbe assume en prenant chair par l’action de l’Esprit. Ce Jésus sera toujours le « visage de la miséricorde du Père ». Avec Ses gestes, Ses paroles, Ses miracles ; avec l’institution de l’Eucharistie, avec Sa Passion et Sa Mort, avec Sa Résurrection, Jésus est le visage continu, agissant, amoureux du Père.  Son Cœur d’Envoyé, avec tout l’amour divin et tout l’amour humain, révèle toujours le Père, comme le Dieu compatissant, miséricordieux, tendre, bienveillant. Le parallélisme entre la joie du Pasteur qui trouve la brebis égarée et celle du Père de la parabole qui accueille le fils pécheur, nous fait entrer dans le mystère du « visage du Père de la miséricorde ».  

3º Guérisons et pardon.  Jésus prend pitié des malades de tout ordre. Il guérit des aveugles, des boiteux, des paralytiques, des lépreux. Par miséricorde, Il multiplie des pains et des poissons pour nourrir la foule affamée. Par miséricorde, Il « ressuscite » Lazare, le fils unique de la veuve de Naïn, la fille d’un chef/ Jaïre. Par miséricorde Il expulse des démons, et rend libres des possédés. Mais Son désir de pardonner avec miséricorde va plus loin. Rappelons la conversion de Zachée, le dialogue avec la Samaritaine, le pardon accordé à la femme adultère que l’on voulait lapider, le pardon donné/accordé à Pierre qui L’avait nié ; le Ciel offert au bon larron, la supplique sur la Croix « Père pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font » ;   le pouvoir de pardonner, donné aux Apôtres dans la première apparition du Dimanche de Pâques : « ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ». En toutes ces divines merveilles Il nous révèle le visage du Père. Et la parabole du Père de la miséricorde (Luc 15,11—32), qui implique un accueil tendre, avec embrassade et baiser, de la joie, de la musique, des danses et banquet, une tunique toute neuve, anneau au doigt … c’est la grande manifestation de ce qui est le Cœur du Père.   

4º Soyez miséricordieux.  Celui qui nous a révélé le Père comme le Dieu de miséricorde nous dit qu’il nous faut être miséricordieux comme le Père.   C’est le grand thème de l’Année de la miséricorde. Apprendre avec le Père, en regardant Jésus et Ses attitudes miséricordieuses, à être miséricordieux en nos vies : dans la communauté religieuse, dans la famille, à l’école, avec ceux qui nous entourent, les fonctionnaires, les pauvres, les malades, les plus démunis, etc. Il y a beaucoup de gens qui sont choqués avec la façon d’être miséricordieux du Pape François.  Il y a tant de gestes, tant d’histoires émouvantes : c’est sa façon de nous lancer à vivre la miséricorde. Mère Rivier est un exemple magnifique de la miséricorde. Il semblerait qu’elle l’ait apprise en contemplant, au cours des jours, des mois, des années, la Pietà.  C’est l’image éloquente de la miséricorde. Apprenons avec Marie Rivier, avec le Pape François, avec Jésus, à être miséricordieux comme le Père. C’est le chemin de la sainteté. 

 5º “Toucher la chair du Christ ”.  Le Pape François dans le message du Carême de cette Année de la Miséricorde, nous dit qu’il nous faut toucher la chair du Christ dans les malades, dans les plaies des détruits par la guerre et le terrorisme, dans les flagellés, les ensanglantés, dans ceux qui vivent dans la misère. Il fait une allusion à la concrétisation merveilleuse de Mathieu 25 : « J’ai eu faim, soif, j'étais nu, malade, en prison… » C’est un appel qui peut nous dépasser. N’ayons pas peur de « toucher, nettoyer, caresser » la chair du Christ en tous ceux qui souffrent et ont besoin de notre miséricorde. Vivons la joie du don miséricordieux de nos vies.

P. Dário PEDROSO S.J.