PÈRE DE MISÉRICORDE - JÉSUS “VISAGE” DU PÈRE

1º Qu'est-ce que la miséricorde ? Il s’agit du “cœur” (cor, cordis) penché sur la misère, le pécheur, la brebis égarée, l’humanité.    La miséricorde, affirme St Jean-Paul II, implique toujours “tendresse et caresse ". Un acte d’amour fou et passionné de Dieu qui a de la compassion envers l’humanité et qui vient à sa rencontre pour pardonner, pour être tendre et compatissant. Mais la miséricorde implique aussi la guérison, c'est-à-dire, Dieu en pardonnant guérit aussi le cœur, l’âme, l’intérieur de la personne. Tout ce mouvement apparaît, dans la Bible, présenté comme « des entrailles d’une mère » qui compatit avec bonté et accueille avec tendresse. Mais nous ne pouvons pas oublier que le plus éloquent de la miséricorde est la joie de Dieu en pardonnant. Quand nous allons à Sa rencontre, comme des enfants pécheurs, le Père se réjouit en Son Cœur et fait la fête.  

2º Jésus “visage du Père”.  L’Incarnation fut le début de cette trajectoire divine de Dieu qui vient à la rencontre de l’humanité pécheresse. Décision trinitaire que le Verbe assume en prenant chair par l’action de l’Esprit. Ce Jésus sera toujours le « visage de la miséricorde du Père ». Avec Ses gestes, Ses paroles, Ses miracles ; avec l’institution de l’Eucharistie, avec Sa Passion et Sa Mort, avec Sa Résurrection, Jésus est le visage continu, agissant, amoureux du Père.  Son Cœur d’Envoyé, avec tout l’amour divin et tout l’amour humain, révèle toujours le Père, comme le Dieu compatissant, miséricordieux, tendre, bienveillant. Le parallélisme entre la joie du Pasteur qui trouve la brebis égarée et celle du Père de la parabole qui accueille le fils pécheur, nous fait entrer dans le mystère du « visage du Père de la miséricorde ».  

3º Guérisons et pardon.  Jésus prend pitié des malades de tout ordre. Il guérit des aveugles, des boiteux, des paralytiques, des lépreux. Par miséricorde, Il multiplie des pains et des poissons pour nourrir la foule affamée. Par miséricorde, Il « ressuscite » Lazare, le fils unique de la veuve de Naïn, la fille d’un chef/ Jaïre. Par miséricorde Il expulse des démons, et rend libres des possédés. Mais Son désir de pardonner avec miséricorde va plus loin. Rappelons la conversion de Zachée, le dialogue avec la Samaritaine, le pardon accordé à la femme adultère que l’on voulait lapider, le pardon donné/accordé à Pierre qui L’avait nié ; le Ciel offert au bon larron, la supplique sur la Croix « Père pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font » ;   le pouvoir de pardonner, donné aux Apôtres dans la première apparition du Dimanche de Pâques : « ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés ». En toutes ces divines merveilles Il nous révèle le visage du Père. Et la parabole du Père de la miséricorde (Luc 15,11—32), qui implique un accueil tendre, avec embrassade et baiser, de la joie, de la musique, des danses et banquet, une tunique toute neuve, anneau au doigt … c’est la grande manifestation de ce qui est le Cœur du Père.   

4º Soyez miséricordieux.  Celui qui nous a révélé le Père comme le Dieu de miséricorde nous dit qu’il nous faut être miséricordieux comme le Père.   C’est le grand thème de l’Année de la miséricorde. Apprendre avec le Père, en regardant Jésus et Ses attitudes miséricordieuses, à être miséricordieux en nos vies : dans la communauté religieuse, dans la famille, à l’école, avec ceux qui nous entourent, les fonctionnaires, les pauvres, les malades, les plus démunis, etc. Il y a beaucoup de gens qui sont choqués avec la façon d’être miséricordieux du Pape François.  Il y a tant de gestes, tant d’histoires émouvantes : c’est sa façon de nous lancer à vivre la miséricorde. Mère Rivier est un exemple magnifique de la miséricorde. Il semblerait qu’elle l’ait apprise en contemplant, au cours des jours, des mois, des années, la Pietà.  C’est l’image éloquente de la miséricorde. Apprenons avec Marie Rivier, avec le Pape François, avec Jésus, à être miséricordieux comme le Père. C’est le chemin de la sainteté. 

 5º “Toucher la chair du Christ ”.  Le Pape François dans le message du Carême de cette Année de la Miséricorde, nous dit qu’il nous faut toucher la chair du Christ dans les malades, dans les plaies des détruits par la guerre et le terrorisme, dans les flagellés, les ensanglantés, dans ceux qui vivent dans la misère. Il fait une allusion à la concrétisation merveilleuse de Mathieu 25 : « J’ai eu faim, soif, j'étais nu, malade, en prison… » C’est un appel qui peut nous dépasser. N’ayons pas peur de « toucher, nettoyer, caresser » la chair du Christ en tous ceux qui souffrent et ont besoin de notre miséricorde. Vivons la joie du don miséricordieux de nos vies.

P. Dário PEDROSO S.J.